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montfrinalunisson


Almanach provençal

Publié par montfrinalunisson sur 1 Août 2012, 13:51pm

Mois Août

 

Lézard

Au siècle dernier, on avait une répugnance particulière pour le lézard, taranto en provençal, petit lézard gris qui ne devait pas pénétrer dans les maisons car il portait malheur. On éloignait donc les plantes de la maison et on évitait de garnir les murs de treillage et de plantes grimpantes.

Tradition

Pour le quinze août, dans les villages de Provence, on organisait une retraite aux flambeaux, c'était la pégoulado. On promenait des torches enflammées ou des lanternes fixées au bout d'un bâton. Ces fêtes ont lieu encore de nos jours dans de nombreux villages, notamment à Cassis , Arles....

 

Domestique

Au début du XIXème siècle encore, il y avait une foire le 15 Août pour les filles qui voulaient se placer. Elles se louaient pour une année toute entière seulement, et au maître à qui elles paraissaient plaire elles disaient " moussu, beile mi vint escus d'argent, un mounta li dessus, un pende li devant, un fouttéou li dedins, un recougnéta et pi mi vouniarès tout l'an"

 

Basilic

Exclusivement cultivé dans les jardins ou en pot sur la fenêtre ( il chasse les moustiques et les mouches", le basilic est bien la plante royale. S'il éloigne les fourmis, le basilic combat les tics des maniaques, réjouit les mélancoliques, rassure les timides, redonne de l'odorat aux enrhumés. Ses feuilles fraîches calment les piqûres de guêpe. Sèches elles assèchent les humeurs nasales.

  

Devinette

Qu'es aco ? 

Grand coume un oustaou,

Pichoun coume un dedau,

Dous coume lou mèu,

Amar coume lou fèu ?

Réponse: L'oulivié, l'oulivo, l'oli, la fueio d'oulivié.

 

Le jardin

Le mois d'août est chaud et orageux. On arrose abondamment les plantes de serre, y compris les tiges et les feuilles. On relève les tiges gourmandes, les rameaux frêles. On fait des boutures de romarin, de thym, de sauge, de lavande et de buis. Les fleurs deviennent plus rares et l'on peut commencer à récolter les graines . On continue les soins attentifs aux arbres fruitiers. On tond, on roule et on arrose les gazons.

 

 

 

 

Le Languedoc médiéval

 

De nombreux laïcs font le pèlerinage à Jérusalem. D'autres vont à Rome, Saint-Jacques de Compostelle, ou encore partent vénérer les reliques. Le Languedoc est traversé par deux routes menant vers Saint-Jacques, celle du Puy et celle d'Arles qui rejoint Toulouse par Saint-Gilles et Montpellier avant de descendre vers le Somport.

En même temps que cet éveil de la spiritualité religieuse, des courants qualifiés d'hérétiques voient le jour. Le plus connu est le catharisme qui apparaît au milieu du XIIéme siècle en Italie du nord. C'est un mouvement chrétien dissident qui a connu une forte pénétration dans le sud de la France.

Il fait des adeptes en raison de la simplicité du dogme et de l'efficacité de l'Église cathare structurée en communautés et encadrée par des évêques.

Le catharisme se propage essentiellement dans le triangle Albi-Carcassonne-Toulouse. Il se diffuse dans le bas Languedoc. Une minorité s'installe à Béziers, mais Narbonne reste fidèle à son archevêque et les villes du Languedoc oriental demeurent ainsi dans l'orthodoxie.

Les cathares prennent au pied de la lettre les enseignements de l'évangile. Ils séparent le matériel du spirituel, le bien du mal. Ils rejettent l'ancien testament, l'église romaine et les sacrements, ils cherchent à retrouver la pureté des premiers chrétiens.

La croix du Languedoc " évidée et pommelée" symbole de ralliement cathare

 

 

                                   

 

 

La répression de l'hérésie s'organise : le tribunal de l'inquisition , créé en 1233 par le pape Grégoire IX et confié aux frères prêcheurs, juge les hérétiques; L'emploi de la torture est fréquent.

Finalement, les forteresses tombent les unes après les autres . Celle de Montségur en Ariège se rend en 1244. Plus de deux cents cathares condamnés se précipitent dans les flammes de leur bûcher en chantant.

 

 

 

Eugène Trinquier

" Mémoires pour servir à l'histoire de la ville de Montfrin" 1847

 

Eaux minérales

Les eaux minérales de Montfrin, qui avaient donné une assez grande importance au pays, sont aujourd'hui presque totalement négligées. Le grand nombre des eaux médicinales, leurs établissements somptueux, leur réputation, acquise d'ailleurs par la richesse de leur site, explique assez bien l'abandon de nos sources, peut être trop modestes. Nous regrettons cependant qu'aucune fortune ambitieuse n'ait conservé et embelli un bassin qui aurait pu lutter très avantageusement avec tous ses rivaux.

Il faut dire d'abord que le hasard découvrit, en quelque sorte, les vertus de nos eaux minérales; mais la science voulut bientôt savoir les matières qu'elles contenaient. Or, comme la chimie n'était encore qu'à son berceau, nous ne possédons que des analyses très pauvres.

 

Font-Cluze

"Elle est située dans le terroir de Meynes, au pied d'une petite montagne, elle regarde du côté du levant la plaine, qui, à deux mille pas de là, est terminée d'une rivière nommée Guerdon qui lave les murailles de Montfrin, petite ville, mais aimable, et par sa situation et par le nombres des honnêtes gens qui la composent.C'est dans cette ville délicieuse et commode, que la plus grande partie des étrangers les plus considérables logent, la beauté et la quantité des maisons étant des charmes pour tous ceux qui aiment le large, quoiqu'ils y viennent vivre à l'étroit.

A demi-lieue de là, elle se perd dans le Rhône.

 

La Malautière ( fons Maloderis)

Elle est située au nord de Montfrin, plusieurs petites sources alimentent son bassin.

A cause de ses vertus spécifiques , les Monteynard en faisaient leur eau de prédilection.

Les propriétaires des maisons longeant la grand-rue, c'est à dire depuis Monthanac jusqu'à Entrevilz, disposaient des tentes tout le long de leur toiture, ils n'épargnaient rien pour engager les étrangers à loger chez eux, de préférence aux basses rues, dont le peu de largeur ne présentait pas les mêmes agréments.

Cette partie de la ville était le lieu de prédilection, un véritable panorama vivant qui se déroulait, toute la journée sous l'ombre rafraîchissante, et près des eaux cristallines de Cèserac, dont le produit s'échappait à l'angle sud-ouest de la maison Calvière-Boucoiran. Réuni près du mazet actuel, dans un bassin en forme de puits, Céserac cotoyait le midi du chemin, et arrivait dans une conduite de terre, dont les tuyaux avaient en longueur soixante-six centimètres. 

L'an 1549, Robert de Calvière fit recontruire ce bâtiment, tel qu'on le voit aujoud'hui."

 

EMOUVANCES

Poèmes Maurice Sirvain

Chemin de Provence    à M. Pagnol

  • "Il était bien joli, ce chemin de Provence....,
  • Vagabond azuré sous le soleil montant,
  • Témoin Abandonné de la plus tendre enfance
  • Que tu suivais alors et qui te plaisait tant !

 

 

  • Je retrouve aujourd'hui les chênes centenaires,
  • Les genêts épineux, les rares oliviers
  • Qui couvraient le sentier, avec, pour partenaires
  • La folle clématite et quelques amandiers.

 

  • Les lézards sont cachés... Volontiers j'imagine
  • Leur fuite échevelée au devant de tes pas,
  • Le brillant de leur peau couleur de plombalgine,
  • Le chant des cigalons au faîte des lilas.

 

  • Sources aux fraîches eaux que la terre ensemence,
  • Oû tu buvais, enfant, aux vacances d'été,
  • Comment vous dénicher dans ce vallon immense
  • Qui demeurait pour toi terre de liberté ?

 

  • J'ai parcouru ces lieux aux accents de lavande,
  • D'anis, de serpolet, dés le printemps venu,
  • Herbages desséchés... bien modeste provende
  • Pour des troupeaux errant sur un sol parfois nu.

 

  • Passent devant mes yeux des images nouvelles
  • Qui ne ressemblent pas à celles de jadis...
  • Ne sont plus les perdrix, ces nobles" bartavelles"
  • Qui peuplaient en ces temps ton si beau paradis.

 

  • Restent de tes récits- comme points de repère-
  • Les barres du levant et le sommet lointain
  • Sur lesquels planent encor" la gloire de ton père"
  • Dans le subtil parfum que disperse le thym.


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